Labyrinthe – le temps suspendu
Êtes-vous fatigué du rythme effréné de notre époque ? Désirez-vous ralentir le temps ? Pour cela, il suffit de faire une visite à la manufacture de la Savonnerie à Paris.
Dos aux immenses verrières du bâtiment de Philippe Dubois, dans le recueillement et la concentration, licières et liciers nouent, tondent, rangent, tracent, selon une tradition transmise depuis plusieurs siècles. Ils ont été formés par le Mobilier National pendant quatre ans pour acquérir et préserver ce savoir-faire unique et précieux.
J'ai la chance de pouvoir m'y rendre quand je le souhaite. Mon tapis, Jardin en labyrinthe, est en cours de tissage. Aussi, j'y retourne souvent pour suivre les différentes étapes du processus afin d'en percer les secrets, et pour me baigner dans cette atmosphère hors du temps, chaleureuse et accueillante.
Trois années se sont déjà écoulées depuis le début du tissage en novembre 2021. Les points s'ajoutent aux points, les rangées aux rangées. Les tâches sont exigeantes, dures parfois, fatigantes souvent, reconquièrent habileté et attention. Les licières et les liciers se relaient, permutent, partent puis reviennent, trois cheffes de pièce se sont succédées, mais le souffle qui anime le tapis reste constant. La sève continue d'irriguer les iris et les roses que la pointe des ciseaux patients peignent comme le vent un champ de fleurs.
Est-ce la disposition du labyrinthe – inspirée du mandala Kongokai – qui les invite à la méditation ou bien, au contraire, les gestes savants et précis qui, à force d'être répétés, insufflent au tapis - dont le velours chatoyant sera la porte d'entrée - cette profondeur méditative ? Chaque brin de laine enclot en son point noué les volontés, les gestes, les pensées de chacun. Ainsi le tapis se nourrit autant de l'esprit de ceux qui le tissent que du lin et de la laine, il échappe à son créateur.
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